Les nouvelles tendances dans le domaine de l'architecture durable et de la construction

 

Selon une étude publiée par Global Construction Perspectives et Oxford Economics, sous la houlette des marchés américains, indiens et chinois, le secteur de la construction connaîtra une croissance mondiale de 85% avec un chiffre d’affaire estimé à 15.500 milliards de dollars environ d'ici 2030. Le taux de croissance de l’industrie estimé à 3,9% devrait dépasser de plus de 1% la croissance du PIB mondial. Une perspective offrant aux entreprises de l’AEC une incroyable opportunité de stimuler l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie.

Le BTP face aux enjeux de développement durable

L’industrie mondiale du bâtiment en est encore à la phase ascensionnelle de son développement. Les experts estiment en effet que seulement pour les 20 premières grandes villes mondiales, environ 36 millions de nouveaux logements devraient être construits à l’horizon 2025. Or de récentes études ont indiqué que le secteur de la construction est déjà responsable de 23% de la pollution de l’air aux États-Unis, de 40% de la pollution de l’eau et de 50% des déchets de la décharge. 

Selon des données (2011) du centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA), les activités du BTP tiennent une part importante dans le processus d’émission de polluants. Les chiffres étaient notamment de :

  • pour les poussières (TSP 17 %), 

  • les particules fines (PM10 12 %, PM2,5 7 %) 

  • et les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM, 9 %)

 

L’industrie du BTP est également responsable de près de 40% de la consommation énergétique mondiale par an

US Green Building Council 

 

Dans cette configuration, les niveaux d'expansion prévus pour les prochaines décennies pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour l’environnement.

Mettre au point de nouveaux paradigmes de production se révèle donc être un impératif urgent pour limiter dans un premier temps l’impact de l’industrie sur la biodiversité. À terme, l’objectif sera de mettre en place une économie du BTP circulaire qui, en plus d’être responsable, aura des retombées positives sur l’environnement. Bien que le débat sur l’équilibre entre développement durable et rentabilité économique continue encore à opposer nombre de spécialistes, certaines pratiques émergentes font déjà étalage de bénéfices écologiques et financiers.

Le BIM : un nouveau paradigme de conception, de réalisation et d’utilisation

Le "Building Information Modeling" est une technologie émergente qui selon la plupart des experts de la filière, sera l’un des centres névralgiques autour desquels se fera la prochaine révolution du secteur. En dépit du fait qu’il n’ait pas spécifiquement été introduit en tant que technologie de développement durable, le BIM offre une telle richesse en termes d’efficacité qu’il permet une optimisation plus importante des ressources engagées dans un projet. À terme, c’est l’empreinte environnementale de tous les projets de construction basés sur cet outil qui se trouvera réduite au maximum.

Cette sophistication sans précédent dans la planification aide les entrepreneurs à éliminer les modifications de conception de dernière minute sur site, tout en réduisant les dépassements de budget et en optimisant les délais de livraison. 

En d’autre termes, si le temps qu’une équipe de construction passe sur un chantier est minimisé, l’utilisation de leurs machines lourdes à fortes émissions de CO2 et autres outils énergivores sera également réduite.

In fine, cela réduit considérablement l’impact environnemental de la consommation énergétique.

Extension de la durée de vie des matériaux de construction

Dans la même perspective, certains entrepreneurs intègrent déjà le BIM au coeur d’une économie de «construction circulaire». En France, avec 3.4 tonnes par personne, le BTP est responsable chaque année d’environ 70% des déchets produits annuellement. Aux USA, ce sont plus de 160 millions de tonnes de déchets non industriels qui sont envoyés aux décharges. Et bien entendu une grande partie provient des démolitions entreprises avant le début des nouvelles constructions. Le recyclage de tous ces matériaux présente dans un premier temps, des perspectives de réduction de coûts. En effet,les matériaux recyclés sont bien souvent moins coûteux que les matériaux vierges. De plus, cela permet également de réduire les émissions de gaz à effet de serre générées lors de la fabrication de ces matériaux tels que l'acier, l’aluminium, le verre, etc.

Pour aller plus loin : Les grands axes de l'architecture durable

Particulièrement en Europe, les entrepreneurs et les propriétaires ont commencé à considérer les bâtiments comme des «banques de matériaux», des entrepôts temporaires pour les matériaux qui seront ensuite utilisés dans de nombreux projets sur toute la ligne. Avec le BIM, la conception d’un bâtiment peut non seulement servir de modèle de construction (son rôle traditionnelle), mais également constituer une «liste de matériaux» extrêmement précise et un modèle de déconstruction. Les entrepreneurs en démolition peuvent utiliser les conceptions BIM pour mieux comprendre quelles parties d'une structure peuvent être sauvées et comment. Et aussi dans quelle mesure une structure donnée peut être démantelée de façon à permettre un recyclage optimal.


 

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